4 - Le coup du théâtre [via ...] Les soirées mensuelles organisées par Simone se ressemblent toutes et cela n’a apparemment jamais lassé personne, d’autant plus qu’il est extrêmement rare d’y être invité plus d’une fois. La formule est simple : un nombre pair de cœurs solitaires - tous plus ou moins en quête d’âme sœur pour une nuit, pour une semaine où jusqu’au mois suivant -, un buffet froid, un bar bien achalandé, de la musique à discrétion, quelques joints qui tournent et deux chambres d’amis pour amants pressés. La place est chère, non pas parce qu’elle coûte d’emblée une centaine d’euros, mais bien plutôt parce que la sélection des invités est drastique, savamment dosée pour que la soirée puisse prendre comme une mayonnaise ou, mieux, comme un bon cocktail. Au sein de son sacré carnet d’adresses, épais comme une bible, j’ai la chance d’être compté parmi les favoris de Simone ; ainsi suis-je considéré comme un invité récurrent, et, s’il m’arrive de ne pas...
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5 - Le retour du retard [via Bertrand Caudron] Cela faisait maintenant près de trois heures que Blanche ne nous avait pas donné le moindre signe de vie ! Durant cette attente pénible et inutile, Papa, lui, ne m’avait été d’aucun soutien tandis que je rongeais désespérément mon frein. Bien au contraire, il ne cessait de me seriner dans les oreilles que : « Eh oui, fils, c’est la vie ! Un jour ou l’autre, elles nous trompent ! ». A la douzième ou treizième fois, je me suis enfin décidé à réagir, comme vous pouvez bien l’imaginer. Résumons, voulez-vous ? Donc, ce matin, Blanche s’était levée en retard, aux alentours de six heures et des, et, pour ne pas rater le train de sept heures douze, elle avait quadruplé de vitesse pour s’habiller. C’est à peine si elle s’était coiffée et maquillée. Je lui en avais d’ailleurs fait la remarque dans l’escalier. Je me souviens que je baillais tout en parlant et qu’elle m’avait dit « Quoi...
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6 - Le chat millionnaire [via Lionel Flamand] 1. C'est un dernier jour ouvrable du mois comme tant d'autres et il pleut, comme d'habitude. Aux abords de la Gare du Nord, passée l'enfourchure de la rue d'Aerschot et de la rue de Brabant, mon chemin de croix mensuel de chômeur se trace inéluctablement sur les trottoirs caduques des rues sombres aux noms étrangement champêtres, comme la rue de la Rivière, la rue de la Prairie, rue Verte, rue de la Chaumière ou encore rue des Plantes. Est-ce parce que de bien belles plantes carnivores s'y pourléchent les babines aux vitrines des rez-de-chaussée ? Comme à l'ordinaire, je me faufile entre mes pairs bouchant l'entrée de la CAPAC et me débarrasse en hâte de ma carte de contrôle C3A - dûment estampillée, signée et datée - dans l'urne attribuée à cet effet, en songeant comme à chaque fois que, pour peu qu'un imbécile y jette par mégarde ou vandalisme un mégot de cigarette, mes maigres all...